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De l'émulsion bitumineuse sur la RD 4 à Saint-Pierre-en-Auge

Par la rédaction. Publié le 22 juin 2022.
De l'émulsion bitumineuse sur la RD 4 à Saint-Pierre-en-Auge
Crédit : Département du Calvados
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Le chantier d’aménagement de la RD 4 à Saint-Pierre-en-Auge recourt à une technique, jamais testée par le Département du Calvados : l’émulsion bitumineuse.

Dans le cadre de la politique de sécurisation de son réseau, le Département du Calvados entretient et sécurise ses routes. À ce titre il a entamé, en mars dernier, une nouvelle opération dans le Pays d’Auge sur 5,5 kilomètres de la RD 4 traversant les communes de Saint- Pierre-sur-Dives et Boissey. Ce chantier consiste à renforcer la chaussée existante, installer des bandes multifonctionnelles puis aménager un tourne-à-gauche à l’intersection entre la RD 4 et la RD 250a.

Au cours de la phase d’étude préalable au chantier, l’Agence Routière Départementale de Saint-Pierre-en- Auge, en charge du chantier pour le Département, a constaté un niveau très avancé de dégradation de la chaussée. Afin d’en apprendre davantage sur la nature de l’usure de la route et définir la solution technique la plus adaptée, elle a fait appel à l’expertise du Laboratoire départemental Routes et Matériaux (LRM). Cette entité de la collectivité apporte notamment une analyse et un diagnostic en amont des chantiers routiers du Département.

Analyses et propositions techniques

Le Laboratoire Routes et Matériaux a, dans un premier temps, été saisi afin d’analyser la structure de la chaussée et évaluer son degré d’usure.
Pour cela il a pratiqué des sondages, des carottages et délégué au Cerema la dernière tâche qui consistait à utiliser un déflectographe. Cet outil mesure la déformation et l’affaissement de la chaussée au passage d’un essieu de 13 tonnes, correspondant à un poids lourd. L’ensemble de ces indications a démontré l’état structurel de la chaussée qui, dans le cas présent, était mauvais à plus de 50 %. La préconisation consistait donc à purger les couches d’assise bitumineuse abimées et d’en mettre en œuvre de nouvelles.

À ce stade plusieurs options techniques ont été envisagées :
- La plus traditionnelle avec la Grave Bitume, non retenue pour des raisons d’homogénéité de la structure avec les sections non purgées, de coûts et d’impact environnemental notamment.
- La deuxième technique aurait pu consister à retraiter la chaussée en place au liant Hydraulique Routier. Là encore la solution n’est pas la plus optimale au vu de la nature de la chaussée sur laquelle il était nécessaire d’intervenir sur 40 cm de profondeur.
- La dernière option envisagée, et celle retenue pour le chantier, est le retraitement de la chaussée en place à l’émulsion bitumineuse.

La technique en question, baptisée Recycol, est un procédé de recyclage en place à froid et par émulsion, pour la réhabilitation des chaussées dégradées ou en fin de vie de l’entreprise Colas. Concrètement, il permet de donner une nouvelle vie à la chaussée, émet moins de gaz à effet de serre, induit moins de trafic de chantier, et consomme moins d’énergie. Un seul passage permet de régénérer la chaussée en profondeur grâce à l’enchainement de ces engins, tel un train : « tout-en-un ».

Les 4 grandes étapes

Le fraisage permet de raboter et de mélanger le revêtement en place sur 12 centimètres d’épaisseur grâce à un rotor puissant. Cette technique d’enlèvement couche après couche permet en outre de séparer et de sélectionner les matériaux fraisés en fonction du type d’enrobé. Suite à l’analyse et l’étude des matériaux en place, l’enrobé ainsi malaxé est mélangé à de l’eau et à des additifs préalablement choisis. Le mélange est ensuite réparti sur la chaussée, puis compacté avec un rouleau.

Plus écologique, plus économique

Cette solution est la plus adaptée pour ce linéaire de plus de 5 km car elle permet de ne retraiter que sur 12 centimètres d’épaisseur et de régénérer le liant bitumineux contenu dans les matériaux en place. Même si cette technique n’est pas une nouveauté, elle n’a jamais été utilisée par le Département du Calvados. Elle revêt plusieurs avantages tant économiques qu’environnementaux. En effet, la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte de 2015 prévoit des dispositions fortes en faveur du recyclage des déchets du BTP afin de créer un environnement favorable au développement de la valorisation de ces derniers. Dans ce présent chantier, le recyclage et le traitement à froid de la chaussée en place évitent l’extraction, l’utilisation et le transport d’environ 10 000 tonnes de matériaux issus des carrières. 100 % des déchets produits sur le chantier sont réutilisés. Cela permet également de réduire considérablement les émissions de CO2, en limitant le transport de ces matériaux. Toutes ces économies relatives à l’environnement ont leurs répercussions financières. En effet, le gain évalué sur cette opération avoisine 500 000 €.

Quel planning ?

Le chantier, débuté fin mars dernier, devrait durer 6 mois. Après la première phase d’assainissement pluvial, les équipes réalisent désormais les poutres d’élargissement permettant de créer les bandes multifonctionnelles et renforcer la chaussée grâce au procédé Recycol. La 3e phase sera consacrée à la création des tourne-à-gauche. Du 1er au 13 juillet la circulation sera interdite dans le sens Saint-Pierre–sur-Dives/Livarot 24h/24 et 7j/7 et le trafic se fera sous circulation alternée. Les couches de roulement seront réalisées lors de la 4e phase, du 18 au 27 juillet. La 5e phase sera consacrée aux finitions. Elle sera réalisée du 16 août au 2 septembre sous circulation alternée. Ces travaux, intégralement financés par le Département du Calvados, sont confiés à l’entreprise Colas, agence de Carpiquet. Ils s’élèvent à 1 666 000 € TTC. Le chantier est suivi par les équipes de l’agence routière départementale de Saint-Pierre-sur-Dives.

Les chiffres

5,5 kilomètres
20 000 m2 de chaussée à purger
500 000 € économisés par rapport à un chantier «traditionnel»
10 000 m2 de matériaux extraits de carrières économisés
1 666 000 € de budget
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