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Nouvelle norme béton : « le rôle des adjuvants devient encore plus essentiel »

Par Ch. Raynaud. Publié le 10 janvier 2023.
Nouvelle norme béton : « le rôle des adjuvants devient encore plus essentiel »
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Prise de conscience, convictions profondes, nécessités incontournables, technologies innovantes, règlementation RE 2020,… le monde de la construction évolue, et très vite, pour limiter son impact environnemental. Le béton est également engagé vers une voie plus vertueuse et une économie circulaire. Il était donc capital de faire évoluer son encadrement normatif en France. Ainsi, le Complément National NF EN 206+A2/CN, récemment révisé et publié par l’Afnor et entré en vigueur depuis novembre 2022, autorise l’arrivée de nouveaux ciments…
 
Cette révision introduit des changements importants concernant les compositions des ciments et des bétons, la prise en compte de nouvelles technologies, le déploiement de méthodes spécifiques. Elle induira des conséquences inévitables pour les différents acteurs de l’acte de construire, y compris pour les adjuvantiers. La norme béton NF EN 206+A2 devient NF EN 206+A2/CN. Publié sur le site de l’Afnor ce complément national est entré en vigueur en novembre 2022. Ce Complément National précise les dispositions nationales complémentaires à la norme à respecter lorsque les articles de cette norme l’autorisent. Il s’applique lorsque le lieu d’utilisation du béton est la France, pour les bétons destinés aux structures coulées en place, aux structures ou éléments de structures préfabriquées, pour bâtiments et structures de génie civil. Que les bétons soient fabriqués sur site, BPE ou bétons préfabriqués. Il réunit les exigences applicables aux composants du béton, à ses propriétés, à ses spécifications jusqu’aux procédures de contrôle, d’évaluation et de conformité, et de livraison de ce matériau. Mais ce nouveau texte inclut une optique environnementale en ouvrant la voie à de nouvelles solutions ou compositions du béton, faisant notamment la part belle à l’économie circulaire.
 
Une norme autour de trois grands axes
 
La norme ouvre trois nouveaux grands axes principaux.
•                     L’intégration et la reconnaissance de nouveaux ciments, notamment les CEM II/C-M et CEM-VI : ces nouveaux ciments particulièrement compétitifs pour une réduction de l’empreinte carbone ont déjà été intégrés dans la norme NF EN 197-5. Ces nouveaux ciments ternaires, à la teneur en clinker très limitée, plus ou moins variable, sont désormais autorisés dans les formulations de béton. Une reconnaissance précieuse pour les nouveaux projets constructifs impliquant une réduction d’émission de CO2 considérable d’ici 2030.
•                     L’incorporation de granulats et de sables recyclés : exemples probants de l’économie circulaire, les granulats n’étaient admis qu’en faible proportion (10 à 20 % maximum), tandis que les sables recyclés étaient eux proscrits. Ceux-ci proviennent de blocs bétons broyés, de gravats de chantiers, de déconstruction. Le Complément National agrée désormais leur utilisation, permettant une substitution pouvant aller jusqu’à 20 % de sables et 60 % de granulats recyclés sans nécessité d’une approche performantielle. Les conclusions du travail du Projet National RecyBéton sont ainsi intégrées dans la norme.
•                     Une reconnaissance majeure de l’approche performantielle : cette méthodologie multi niveaux, prédictive et récente permet d’aller beaucoup plus loin dans la recherche de solutions vertueuses. En amont, cette méthode de spécification, d’évaluation et de justification de la durabilité des structures en béton armé ou précontraint permet de déterminer des bétons à durée de vie spécifiques basés sur différents indicateurs de durabilité. Cette intégration permettra de faire évoluer la composition et la nature des composants des bétons vers des niveaux encore moins émetteurs en CO2. Le Projet National PERFDUB, en cours de restitution en ce moment même par l’IREX sur le territoire national, par ses travaux, tests et études, voit ainsi son travail passer dans le cadre normatif.
•                     Quelques spécificités complémentaires : le Complément National introduit une subtilité et une distinction entre les CEM III A à plus ou moins 50 % de laitier. Dans le cas des CEM-III contenant plus de 50% de laitier, les règles de formulation béton à suivre seront celles du tableau NA.F.3 /N.A.F.4. Autrement dit, le ratio E/C et les classes de résistances seront sensiblement plus restrictives pour certaines classes d’exposition (XC3, XC4, XD1, XF1).  Ce texte ouvre la voie aux ciments LC3 ternaires intégrant l’argile calcinée. Ces additions sont notamment connues pour avoir des demandes en eau importantes et impliquer l’utilisation d’adjuvants spécifiques. Enfin, cette nouvelle orientation de la norme va faciliter l’application de la RE 2020. Et les prescripteurs pourront plus facilement atteindre ces objectifs et répondre ainsi aux demandes accrues des maîtres d’ouvrages publics ou privés. Ils vont désormais pouvoir incorporer des matériaux issus de l’économie circulaire, dans le cadre normatif. Cette garantie de produits normés va de surcroît simplifier l’assurabilité des ouvrages pour le maître d’ouvrage.
 
L’adjuvant, un corollaire indispensable
 
L’apparition de ces nouveaux ciments reconnus par le Complément National implique de nouvelles approches et méthodes de travail. « Il faut impérativement prendre en compte les caractéristiques de ces ciments en pleine évolution. Le rôle des adjuvants devient encore plus essentiel et va devoir faciliter l’emploi des ciments dits « bas carbone », déclare Christophe Landry, Directeur Technique Adjuvants France, Master Builders Solutions. « En effet, ces ciments peuvent avoir parfois un impact sur la maniabilité, sur la viscosité du matériau en raison des additions », ajoute Thibault Guédon, chef de marché BPE, Master Builders Solutions, « en synergie les adjuvants vont apporter une maniabilité accrue et permettre d’atteindre les résistances à jeune âge et à 28 jours nécessaires ». Cette ouverture sur le marché s’inscrit dans la lignée des recherches menées par Master Builders Solutions, dans une volonté d’anticipation notamment sur les granulats et sables difficiles, qui avaient abouti à l’offre d’une nouvelle technologie MasterSuna pour résoudre les difficultés ou complexifications de formulation sur la défloculation à l’initial et pour le maintien de maniabilité.
 
Le rôle des adjuvantiers face à ce nouveau texte

 
Les adjuvantiers vont devoir répondre à des caractéristiques propres à ces nouveaux matériaux, notamment par des technologies adaptées. Parallèlement, ils vont devoir accompagner les professionnels du béton pour gérer l’impact de la mise en place de cette nouvelle norme. « Le rôle de Master Builders Solutions se verra donc encore enrichi et le laboratoire d’applications et de recherche expérimentale de Lisses, adapté grâce à de nouveaux process, sera à l’écoute des producteurs de béton et des formulateurs », souligne Christophe Landry.
 
Une évolution indispensable et attendue
 
La mission de la construction aujourd’hui s’est élargie, avec des objectifs environnementaux précis, dont notamment une baisse conséquente des émissions de dioxyde de carbone. La raréfaction des sables alluvionnaires avait déjà modifié les approvisionnements bien avant l’entrée en vigueur de la RE2020. « Aujourd’hui, face à ces nouveaux ciments ternaires et à la reconnaissance de l’approche performantielle, deux axes sont poursuivis par Master Builders Solutions : répondre aux pertes de maniabilité induites par des additions ou nouveaux ciments et augmenter  les résistances à jeune âge ou à 28 jours induites par ces nouvelles compositions, en intégrant l’accentuation de celles-ci en hiver », précise Christophe Landry. Thibault Guédon complète : « il est donc nécessaire d’une part d’intégrer des adjuvants à long maintien de maniabilité, rôle du tout nouveau MasterSure 1400 par exemple, mis sur le marché avant l’entrée en vigueur de ce texte ; et d’autre part de pallier les pertes de performances du béton en terme de résistances mécaniques. Le MasterX-Seed STE 54 est déjà là pour remédier à ces pertes ». En amont, afin de faciliter l’approche des professionnels, Master Builders Solutions a publié un guide sur les réductions des émissions de CO2 du béton, véritable stratégie d’approche vertueuse, en réfléchissant sur les apports nécessaires à la profession et proposant des outils dédiés. « D’ailleurs, un outil « D-Carbon » est déjà à la disposition des commerciaux pour calculer le bilan carbone des formules bétons », explique Thibault Guédon.
 
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