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« Il est préférable pour l’heure de faire coexister le marché de la construction traditionnelle et de la construction durable »

Par Ch. Raynaud. Publié le 3 mars 2022.
« Il est préférable pour l’heure de faire coexister le marché de la construction traditionnelle et de la construction durable »
Grégoire Leclercq, Directeur général délégué du groupe EBP
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Animé par la volonté de démocratiser l’informatisation des entreprises, EBP propose des solutions accessibles aux TPE/PME françaises. Grégoire Leclercq, Directeur général délégué du groupe EBP nous livre sa vision du secteur du Bâtiment.
 
Prescription Béton : La façon de construire change-t-elle ?  
Grégoire Leclercq : Elle est soumise à plusieurs facteurs. Tout d’abord, la façon de construire dépend du marché et de l’habituelle loi de l’offre et de la demande. Ensuite, de la disponibilité en matière de foncier mais aussi des règles d’urbanisme et de permis de construire. Le formalisme et les normes pèsent beaucoup. Enfin, le financement est la partie la plus importante, car les établissements bancaires sont soumis à des règles de plus en plus drastiques pour prêter, autant pour les particuliers que pour les institutionnels. Le secteur de la maison individuelle se porte mieux après une année 2020 compliquée. Le plan France Relance est aussi une source d’opportunités pour les collectivités. Tous ces facteurs ont beaucoup d’influence sur la façon de construire. Elle va évoluer de plus en plus pour tenir compte des enjeux climatiques, du phénomène des retraits-gonflements d’argile ou encore pour contenir l’étalement urbain. Les habitations privées et bâtiments publics vont devoir s’adapter aux normes environnementales pour répondre aux enjeux de la COP21. Les énergies renouvelables, les constructions BBC, et plus généralement tout ce qui sera passif ou neutre en matière environnementale ont un avenir certain. Nous assistons à une transition très importante. Dans ce contexte en mutation, le dirigeant d’une TPE/PME du bâtiment doit faire preuve d’une grande agilité, former ses collaborateurs, s’approvisionner en matières premières tenant compte des exigences de ses clients. Cela suppose une gestion agile et des solutions logicielles pour un pilotage optimisé, permettant au chef d’entreprise de se concentrer sur son cœur de métier : la construction !
 
P.B. : Parlez-nous du bas carbone...
G. L. : Le bas carbone dans le domaine de la construction et du BTP vise la neutralité de toute une chaîne industrielle, de la conception à la fin de vie d’un bâtiment. Cela implique forcément d’avoir recours aux matériaux biosourcés et à recycler les matériaux anciens. Mais surtout de prévoir une passerelle avec un mix de matériaux pour que les acteurs puissent s’adapter et  opérer une transition. Si les grandes entreprises peuvent répondre à ce challenge notamment par le label BBCA, les PME et TPE, plutôt novatrices, ne peuvent pas toutes devenir des championnes du bas carbone du jour au lendemain. En effet, elles sont dépendantes des fournisseurs, des sous traitants et partenaires, même si elles veulent répondre à la demande de leurs clients et satisfaire aux exigences écologiques. Les dispositifs d’aides et les primes de l’Etat en direction des particuliers sont trop complexes (Prime renov’). De même, si nous voulons un changement de paradigme, il faut que les pouvoirs publics incitent fiscalement les entreprises du BTP dès lors qu’elles font du bas carbone. La situation est déjà assez complexe pour elles en termes d’approvisionnement et de surcoûts, mais aussi de main-d’œuvre. Les pouvoirs publics devraient en tenir compte, elles ne s’en porteraient que mieux.
 
P.B. : Selon vous, comment mieux construire aujourd’hui ?
G. L. : Cela revient à provoquer un choc de l’offre en cette direction qui va sans doute déstabiliser le marché traditionnel. Il est préférable pour l’heure de faire coexister le marché de la construction traditionnelle et de la construction durable. En tout cas, il ne semble pas utile de les opposer compte tenu des fragilités économiques que nous voyons et dont nos clients TPE/PME se font l’écho suite à la crise sanitaire. Ce qu’il faut pour l’heure, c’est avoir une véritable politique du Logement en France, ce qui n’est pas le cas actuellement car ce secteur est partagé entre plusieurs ministères. Plus généralement, à l’image de la France, les TPE/PME souffrent du carcan administratif, fiscal et des revirements des lois, de la surproduction des normes. Si l’on veut créer un choc de l’offre pour le Logement - y compris celui plus écologique - il va falloir simplifier les règles et les procédures ! Dans l’intervalle, nous ne cesserons d’adapter nos logiciels aux règles en vigueur.
 
P.B. : Quel est l’intérêt du béton ?
G. L. : C’est de loin le matériau le plus populaire parce qu’il est résistant, polyvalent et produit de façon économique. Sa production s’élève à 4 milliards de tonnes par an dans le monde. Son empreinte carbone est intéressante sur le cycle de vie d’un bâtiment. D’ailleurs, les éléments pour la construction sont préfabriqués, ce qui rend les chantiers plus exemplaires. S’agissant de son marché, le béton est généralement fabriqué par l’apport de ressources locales, dans un périmètre proche de son lieu de destination. Ce qui veut dire qu’il contribue à l’économie de proximité. Comme tout matériau, il a ses limites car le ciment, l’un des principaux composants, est émetteur de gaz à effet de serre. De plus, on peut aussi discuter de son aspect esthétique notamment lorsque l’on observe les constructions du milieu du vingtième siècle… Mais faisons preuve de lucidité ! Si le béton a actuellement mauvaise presse, c’est tout simplement qu’il est le coupable tout désigné pour justifier des abus d’urbanisation et d’aménagement du territoire. Or, ses propriétés structurelles et sa bonne inertie thermique font de lui un composant indiscutable pour le futur du BTP. D’ailleurs, de nouvelles formules apparaissent, mais aussi le captage du CO2 et le recyclage des déchets issus des démolitions. C’est sans doute le matériau qui a fait sa plus grande mue et dont tous les acteurs s’activent à le ré-enchanter. Le béton aura diminué par cinq son empreinte d’ici 2050 : on aurait tort de l’abandonner !
 
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