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CARRIÈRES

Evolis : « Inspirer les entreprises et les générations futures »

PUBLIÉ LE 2 DÉCEMBRE 2022
JULIA TORTORICI
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Evolis : « Inspirer les entreprises et les générations futures »
Jean-Claude Fayat. Crédit : T&C
La fin d’année reste un moment privilégié pour Evolis d’établir un bilan de l’année passée et de rappeler les trajectoires de développement du syndicat à l’aune des grands défis du secteur des matériels TP, de carrière, et de manutention.

Du haut de ses 600 adhérents, Evolis comptabilise en 2022 un CA global de 18 milliards d’euros réalisé pour 65% à l’export. Les constructeurs de matériel français sont confrontés comme beaucoup au plus grand défi de l’histoire de l’humanité : la décarbonation de leurs activités, par le biais, entre autres, de la digitalisation. « De formidables opportunités », souligne Jean-Claude Fayat, son président. En parallèle, le Syndicat poursuit son combat de modernisation de l’image de ses métiers. « Le regard porté sur notre secteur est erroné, nos usines et ateliers de fabrication sont désormais modernes et soutiennent l’innovation sous toutes ses formes. Leur attractivité peut susciter des vocations dans une industrie vecteur de lien social et d’ascenseur social », explique le dirigeant. Et de rappeler : « L’industrie est aussi un outil de souveraineté nationale et économique. Elle doit être soutenue par l’investissement dans un développement durable et numérique ».

Les entreprises réinvestissent en France

Malgré une conjoncture incertaine, les chiffres clés de l’investissement des industriels en France sont bons. « Les carnets de commandes sont pleins, la demande est soutenue, et nos adhérents bénéficient d’un surcroît de liquidité consécutif à la période pandémique. Ils sont également soutenus par divers plans de relance », énumère Olivier Dario, délégué général d’Evolis. En face, les industriels sont néanmoins confrontés à un durcissement de l’accès au crédit, et des difficultés de formuler leurs offres en raison notamment des perturbations sur la chaîne d’approvisionnement, des problématiques liées au recrutement, et à la hausse des coûts énergétiques. Les projections d’Evolis attestent donc d’une croissance de l’ordre de +5 à +8% du chiffre d’affaires pour l’ensemble des secteurs en 2022, avec une hausse des ventes à l’export de près de 10%. 2023 s’annonce également bien orientée avec des évolutions attendues entre +5 et +9% au global pour l’ensemble des secteurs Evolis (+7% sur le marché domestique et entre +8% et +9% à l’export) avec une inflation qui devrait être un peu moins importante. En matière d’évolution prévue, si l’investissement productif a augmenté de 1,5% en 2022, il connaitra une baisse de 0,8% en 2023. Mais on constate une progression de +3,7% par rapport au niveau d’avant crise (+3,8% pour les seuls investissements en biens d’équipements). En 2023, l’amaigrissement probable des liquidités amènerait les entreprises à tempérer et même réduire leurs dépenses d’investissement.

L’Italie, le bon élève

« L’investissement productif est un combat, poursuit Olivier Dario. Nous avons besoin de subventions afin d’aider nos clients à s’équiper en matériel électrique ou alternatif ». De fait, Evolis espère faire bouger les lignes vers une politique ambitieuse et continue en matière d’investissement productif, à l’image de l’Italie qui a consacré plus de 30 milliards d’euros à différents dispositifs notamment un suramortissement « Industria 4.0 ». En 2020, un crédit d’impôt dénommé « Transizione 4.0 » était entré en vigueur pour soutenir la demande en matériel plus respectueux de l’environnement. Acteur moteur du plan France Relance, qui avait alors mis en exergue l’appétence des industriels pour les technologies dites 4.0 et permis de rattraper une partie du retard de la France en matière de modernisation de son parc machines, le Syndicat s’engage fermement dans France 2030 au travers d’axes stratégiques bien identifiés. « En France, l’enjeu est de développer des chaînes de valeur, de choisir où il faut investir pour créer des chaînes de valeur dans des filières d’avenir, comme l’hydrogène ou le nucléaire, lesquelles auront besoin d’équipements et de machines », insiste Jean-Claude Fayat.

Le choix de l’innovation frugale

« La décarbonation est un enjeu immense et indispensable, expose Alexandre Guillaume, président de MS, PMI industrielle basée en Auvergne-Rhône-Alpes partisante de l’innovation frugale, ou « de faire mieux avec moins ». L’entreprise commercialise la solution Save Sand qui permet de transformer en sable les déblais du BTP et d’alimenter de façon vertueuse l’industrie du béton. Parmi les différentes réponses possibles à la décarbonation, MS propose le « remanufacturing » : des installations éphémères sont remanufacturées afin de devenir des installations durables. Les équipements de la station de traitement des boues du projet Eole à Puteaux, récemment déconstruite par Demcy (Eiffage), ont ainsi été revendus à MS. « Nous faisons le choix, pas toujours bien accepté, de ne plus proposer d’installations neuves. C’est un parti pris durable », explique Alexandre Guillaume dont l’entreprise dédie 1ha au remanufacturing. « Nous devons adopter une vision collective, de métiers, reprend Jean-Claude Fayat. Il s’agit de trouver une nouvelle voie de développement, collectivement. Cette audace doit toutefois être protégée, non pas par les subventions, mais par le support. Le Crédit d’impôt recherche (CIR) est un exemple qui va dans le bons sens », conclut le président.
 
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