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ENVIRONNEMENT

Eiffage : « Nous avons 15 ans pour changer notre façon de construire »

PUBLIÉ LE 30 JANVIER 2020
JULIA TORTORICI
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Eiffage : « Nous avons 15 ans pour changer notre façon de construire »
Le bas carbone, c’est désormais la philosophie du groupe Eiffage, pleinement conscient de son rôle à jouer face aux enjeux liés au changement climatique. Si l’engagement n’est pas nouveau, il s’est fortement concrétisé ces derniers mois avec le club bas carbone Sekoya, lequel vient justement de récompenser les cinq jeunes pousses les plus prometteuses de son premier appel à solutions.
 
En réalité, les efforts d’Eiffage ne datent pas d’hier. Dès 2007, le groupe est le premier à publier un bilan carbone branche par branche. Une première étape qui anticipe alors un changement de politique à l’échelle mondiale. Avec la constitution du groupe de travail sur les informations financières liées au climat (TCFD, pour Task Force on Climate-related Financial Disclosures), la nécessité d’une stratégie bas carbone devient une réalité. Le rapport, conçu sous l’égide du Conseil de stabilité financière (Financial Stability Board – FSB), propose aux entreprises de mesurer l’impact des risques climatiques sur leurs activités, à travers 11 éléments de reporting. 
 
Ces informations sont à intégrer au sein des rapports financiers des sociétés et visent à aider les acteurs du monde financier (banques, assurances, propriétaires et gestionnaires d’actifs) à mieux évaluer dans quelle mesure les entreprises avec lesquelles ils sont en relation sont préparées aux évolutions liées au changement climatique. Une adoption de ces "standards" par un grand nombre d’acteurs "aidera à réduire le risque que les ajustements du marché vis-à-vis des changements climatiques soient incomplets, tardifs et potentiellement déstabilisants".
 
La démarche a pour but de permettre aux investisseurs de décarboner partiellement leur portefeuille d’activité, résume Valérie David, directeur du développement durable et de l’innovation transverse d’Eiffage. Avec le temps, il est apparu aux financiers qu’un risque carbone est un risque tangible puisqu’il constitue un risque fiscal. C’est en ciblant soigneusement les secteurs économiques qu’il est le mieux qualifié, via un reporting carbone qui permet de sélectionner les clients” .
 
En réponse, Eiffage publiera en avril 2020 son rapport carbone et climat. Une initiative “volontaire” néanmoins dictée par une “pression du marché”, souligne Valérie David. Les entreprises cotées étant dans la ligne de mire des banquiers. Déterminante également, la proximité du PDG d’Eiffage depuis avril 2018 avec le climatologue Jean Jouzel, prix Nobel de la Paix 2007 et membre du GIEC, à l’origine de la création d’une banque européenne du climat.
 
Actions interne et externe
 
A sa propre échelle, Eiffage n’a pas attendu pour joindre le geste à la parole. Une campagne de recrutement a été lancée fin 2019, visant à recueillir les idées des salariés en matière de solutions bas carbone. “Nous avons recensé 587 idées dont les meilleures seront récompensées puis mises en oeuvre. C’est faire ainsi appel à l’innovation inclusive”, explique Valérie David.
 
Avec le club bas carbone Sekoya, lancé en juin 2019, Eiffage signe sa première action externe. Cette plateforme bas carbone réunissant de grands industriels à l’instar du CSTB, de Legrand, GRDF, Vicat ou encore Saint-Gobain, entend recourir à l’intelligence collective. Le premier appel à solutions a permis de recueillir quelque 57 dossiers et cinq lauréats ont été désignés le 27 janvier dernier. “Leurs solutions seront rapidement mises en oeuvre car nous avons besoin d’accélérer dans la maturation de l’innovation, entre la génèse de l’idée et la mise sur le marché, prévient Valérie David. Nous avons 15 ans pour changer la façon de construire, ça ira vite !”.
 
Des coups de coeur
 
Parmi les cinq lauréats, certains ont su se faire remarquer par des solutions étonnantes oeuvrant pour le bien de la collectivité. La solution Circouleur, par exemple, se présente comme la peinture de l’avenir. A base d’acrylique, la gamme ne contient aucune particule volatile et se constitue à plus de 70 % de matière recyclée récupérée sur chantier. Disponibles en blanc et 13 couleurs, les peintures divisent par 12 le bilan carbone comparativement à une peinture classique.
 
Coup de coeur imprévu, quoique non retenue dans la liste des gagnants, la solution de la start-up Ninorobotics, basée près de Montpellier. “Elle est dirigée par un ancien champion d’apnée en eau profonde aujourd’hui paraplégique, rapporte Valérie David. Ce dernier a imaginé une solution de mobilité d’une grande beauté mêlant bois, matières recyclées et recyclables. Cet outil design, au bilan carbone très faible, est destiné à recréer du lien social.
 
D’aucuns s’interrogeront sur l’intérêt d’un tel transporteur pour Eiffage, dont les métiers s’orientent plutôt autour de la construction. “Pourtant, en tant que société concessionnaire, nous avons le devoir de comprendre l’évolution des usages finaux dans ce qui sera les aéroports ou hôpitaux du futur”, affirme la responsable.
 
Pas d’exclusivité
 
Le plus beau ? Ces solutions ne sont en aucun cas la propriété du groupe Eiffage mais bien partagées entre les partenaires de l’initiative Sekoya. “L’objectif n’est que de permettre à ces jeunes pousses de se hisser au stade d’acteur important sur le marché de la construction bas carbone”, assure Valérie David. Pour preuve, d’autres appels à solutions devraient se succéder dans les prochains mois. Toutes les 8 semaines idéalement.
 
Les grands industriels partenaires du club Sekoya devraient également être en mesure de lancer leurs propres appels à solutions, dans un esprit de participation. “L’idée étant d’aller vite ensemble et de gommer les frontières dans la collaboration, pour faire émerger un véritable modèle de BTP bas carbone”, précise la responsable.
 
Prochaine étape : le bilan de la mise en oeuvre des premières solutions primées “afin d’en augmenter la visibilité et d’en faire rapidement des références sur le marché”. En juin 2020, la démarche Sekoya fera la preuve de sa capacité à s’exporter. Dans le cadre du Sommet Afrique-France 2020 sur la Ville Durable prévu à Bordeaux en juin prochain, des jeunes pousses africaines viendront présenter leurs solutions marquées sous le sceau de la démarche Sekoya, déclinée pour l’occasion au Sénégal. 
 
 
 
 
 
Valérie David, directeur du développement durable et de l’innovation transverse d’Eiffage.
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