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Matériaux de construction : une activité très ralentie

PUBLIÉ LE 22 MAI 2023
LA RÉDACTION
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Matériaux de construction : une activité très ralentie
Le retournement conjoncturel de la construction neuve, qui s’est amorcé en 2022, s’installe donc dans la durée entrainant dans son sillage les activités situées en amont, parmi lesquelles celles des matériaux. Moins directement impacté par la remontée des taux, le secteur des travaux publics pâtit néanmoins lui aussi de la hausse des coûts et d’une atonie de la commande publique même si, du côté de la demande privée, les carnets de commandes se regarnissent. Dans ce contexte contrasté, le rythme d’activité des granulats et du BPE a continué de ralentir au premier trimestre.
 
Les premiers résultats disponibles pour le mois de mars suggèrent le maintien d’une activité très ralentie dans le secteur des matériaux. La production de granulats perd ainsi - 0,7 % au regard du mois de février laissant le niveau - 10,9 % en dessous de celui de mars 2022. Au premier trimestre, l’acti­vité granulat décroche donc de - 3,5 % par rap­port au trimestre précédent, inscrivant les volumes en retrait de - 11,8 % comparé au pre­mier trimestre de 2022. Calculé en glissement sur douze mois, le repli de l’activité revient désormais à - 7,5 %. Du côté du BPE, les livrai­sons ont perdu - 3,8 % en mars par rapport à février et les cubages s’inscrivent en baisse de - 8,2 % comparé à mars 2022. Au premier tri­mestre 2023, l’activité béton reste cependant proche de celle du quatrième trimestre 2022, voire légèrement supérieure (+ 0,7 %) mais elle apparaît en net retrait au regard de celle du pre­mier trimestre 2022 (- 6,8 %). En cumul sur douze mois glissants, la production de BPE affiche maintenant un recul de - 5,5 %. En gra­nulats comme en béton, le début de l’année 2023 se caractérise donc par une grande atonie de l’activité, encore amplifiée si on la compare au début 2022 qui avait été bien meilleur que le reste de l’année. L’indicateur matériaux, encore provisoire pour le mois de mars, traduit lui aussi une activité très morose en ce début 2023 : en repli de - 9,5 % en glissement annuel sur le mois, l’indicateur se replierait de - 9,8 % au premier trimestre comparé à la même période d’il y a un an.

Bâtiment : une activité qui fléchie
 
Selon l’enquête menée par l’INSEE auprès des professionnels du bâtiment au mois d’avril, le cli­mat des affaires est stable et demeure encore bien au-dessus de sa moyenne de longue période, signe que l’activité reste pour le moment assez soutenue dans le secteur. Pour autant, les autres indicateurs fléchissent graduel­lement, confirmant un effritement continu des fondamentaux. A commencer par les perspec­tives d’activité qui se détériorent assez sensible­ment depuis le début de l’année, notamment du côté du gros oeuvre et du logement neuf dont le solde est désormais repassé sous son niveau moyen de long terme. Dans le même temps, le jugement porté par les entrepreneurs sur leurs carnets de commandes dans le gros oeuvre a dérapé en avril ; même si ces derniers permettent encore d’assurer 9,2 mois de travaux, ce décrochage suggère que les nouvelles commandes se font rares. L’en­quête mensuelle de la Banque de France menée auprès des entreprises du gros oeuvre le confirme d’ailleurs avec le plongeon des carnets dont le solde de la situation observée est négatif en avril, pour le troisième mois consécutif. Dans ce contexte, les tensions sur l’appareil productif et les approvisionnements refluent progressive­ment et le solde d’opinion sur les prix prévus dans le bâtiment continue de se modérer même s’il reste bien au-dessus de sa moyenne de longue période. En parallèle, l’activité construc­tive continue de décliner. Les mises en chantier de logements ont reculé de - 6,8 % au premier trimestre comparé au trimestre précédent et de - 12,8 % sur un an. En cumul glissant sur douze mois, à fin mars, le nombre de logements commencés décline de - 8,3 % à 359 200 unités (dont - 9,7 % dans le collectif avec 170 800 unités). La situation n’est guère meilleure dans le non résidentiel où les surfaces de locaux commencées ont baissé de - 12,6 % sur un an au premier trimestre laissant le cumul sur douze mois en repli de - 2,9 % à 25,474 millions de m². Pourtant, les permis restent plutôt bien orientés : quasi-stables au premier trimestre (+0,3 % sur un an), ils affichent une progression de + 3,4 % sur les douze derniers mois pour une surface totale de 40,11 millions de m² autorisés, certains seg­ments comme les bureaux ou le commerce se montrant très dynamiques (+ 16,4 % et + 11,7 % respectivement). Une tendance loin d’être partagée par le logement dont les autori­sations continuent de s’enfoncer.
Au premier trimestre, les permis plongeaient de - 31 % sur un an dont - 42,6 % pour les seuls logements individuels. En cumul sur douze mois à fin mars, le nombre de logements autorisés se contracte ainsi de - 11,5 % à 441 400 unités (dont 225 400 dans le collectif), une tendance appelée à se creuser encore avec le décrochage plus récent du collectif. Côté individuel, les derniers chiffres des CMistes publiés par Marke­métron et disponibles pour le mois de mars confirment une conjoncture déprimée en dépit du rebond saisonnier des ventes mais qui reste très en deçà de ce qui est constaté en moyenne en cette période de l’année. En mars, le marché continue de dévisser avec des ventes en retrait de - 43,9 % par rapport à leur moyenne de long terme ce qui laisse un premier trimestre en chute de - 30,5 % en glissement annuel et inférieur de - 41,2 % au niveau moyen de long terme. Il est vrai que l’environnement macroéconomique est particulièrement défavorable à l’investissement logement. Au-delà du ralentissement conjonc­turel lié à la flambée inflationniste consécutive au conflit ukrainien, les facteurs qui pèsent sur le marché résidentiel s’accumulent depuis plu­sieurs trimestres : rareté et cherté du foncier, gonflement des règles et normes constructives, limitation des projets constructifs par les collecti­vités locales, réorientation progressive de la poli­tique du logement vers l’immobilier existant (dans le cadre des enjeux de la transition énergé­tique) et hausse des coûts des matériaux.
 
TP : des perspectives stables
 
Selon l’enquête menée en avril par la Fédération Nationale des Travaux Publics, le volume d’acti­vité du secteur serait proche de celui de l’an passé au cours du premier trimestre (+1,1 %). Cette tendance, en net décalage avec celle des granulats, s’explique sans doute par la nature des chantiers actuels, caractérisée par le moindre poids des travaux routiers et de terrassements au profit des ouvrages de réseaux moins consom­mateurs de matériaux. Grâce à quelques opérations d’envergure, les carnets de commandes retrouvent une certaine dynamique (+ 22,4 % en volume sur un an au premier trimestre) mais le rebond de la com­mande publique et de l’investissement des col­lectivités se fait toujours attendre. Les perspec­tives pour les prochains mois évoluent peu, restant autour de la moyenne de long terme, le principal obstacle à l’activité du secteur portant sur la main d’oeuvre (pour 41 % des entreprises) avant le manque de demande (36 %).
 
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