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« Il est difficile de donner une définition juste et unique du SmartBuilding »

Par Ch. Raynaud. Publié le 19 avril 2022.
« Il est difficile de donner une définition juste et unique du SmartBuilding »
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Aujourd’hui, la société doit opérer de nombreuses transitions et mutations afin de relever les nombreux défis et enjeux que ce soit climatiques, environnementaux, technologiques et sociétaux d’aujourd’hui et de demain. Le monde du bâtiment et le monde de la construction doivent être des acteurs majeurs. Rencontre avec Julien Chamoin, enseignant-chercheur à Junia au sein du département Bâtiments et Environnement Urbain (*) qui nous livre son témoignage sur le Smart building.
 
Rapidement, en France, le bâtiment représente 44% de l’énergie consommée et produit 123 millions de tonnes de CO2 (soit 25% des émissions nationales). Afin de contribuer à ces défis, une des réponses est le SmartBuilding que ce soit dans sa phase de conception ou dans sa phase d’exploitation.
 
Prescription Béton : qu’est-ce que le Smart building ?
Julien Chamoin : Il est difficile de donner une définition juste et unique du SmartBuilding tant les attentes, les approches et réflexions sont nombreuses et même parfois contradictoires. Je vais ici tenter de présenter une approche basée sur une accumulation de couches permettant au bâtiment de devenir SmartBuilding. Le SmartBuilding, avant tout et comme tout autre bâtiment, est un bâtiment sécurisé et relié à l’ensemble des réseaux (chaleur, électricité, gaz par exemples) afin de garantir une utilisation normale aux usagers tel que travailler, manger par exemples et cela en toute sécurité. Cette connexion permettra aux bâtiments d’initier de premiers systèmes de base comme le chauffage, l’éclairage, la ventilation. D’autres systèmes comme internet, ascenseurs, contrôle d’accès, … viennent dans un second temps s’ajouter pour garantir un usage satisfaisant du bâtiment. Cependant ce bâtiment « primaire » a beaucoup de défauts qui mènent vers des dérives énergivores comme chauffer tout un bâtiment entre 8h et 18h sans prise en compte de la présence ou non des usagers ou encore de ne pas différentier les journées « occupée » des journées « non occupées » (ie les weekends). Il est donc primordial d’ajouter une couche technologique qui va permettre d’aller plus loin dans le contrôle du bâtiment. Pour cela il est nécessaire d’une part de connecter et de séparer l’ensemble des zones du bâtiment afin d’obtenir un contrôle fin et différentier du bâtiment et d’autre part d’avoir une gestion centralisée de l’ensemble des données par un BOS (Building Operating System) ou/et à une GTB ouverte (Gestion Technique du Bâtiment) dernière génération. Il faut installer des systèmes ouverts et communicants afin d’éviter des aberrations comme installer un capteur de présence pour l’éclairage et un autre pour la ventilation. C’est uniquement avec cette couche technologique (capteurs/GTB/BOS …) et la gestion des données qu’on obtient un bâtiment connecté. Enfin, un bâtiment devient SmartBuilding s’il cherche à rendre service à son usager (visiteur, service logistique, accueil, employés, …). Tout utilisateur du bâtiment va interagir avec des API (Application Programming Interface) connectés au SmartBuilding afin de répondre à ses besoins et attentes (réserver une salle/parking/voiture, être guidé dans le bâtiment, …).
 
P.B. : A quoi ressemblera la ville de demain ?
J.C. : Afin de répondre aux enjeux de demain, il est nécessaire que, dès la conception du bâtiment/Ville/Quartiers, le donneur d’ordre (mairie, métropole, maitre d’ouvrage,…) identifient l’ensemble des impacts qu’aura le projet pendant et surtout après son utilisation initiale que ce soit sur son environnement proche, les usagers, … Sans cela notre vie n’évoluera pas et nous resterons avec des infrastructures à conception unique sans réelle capacité de transition et ne prenant pas ou très peu en compte les évolutions. Ce serait commettre une grosse erreur que d’avoir une approche uniquement technocentrée ou uniquement anthropocentrée. Une approche hybride est obligatoire. Cependant quelle approche est à préférer par rapport à l’autre ? Aucune. Nos SmartBuilding et SmartCities doivent évoluer dans le temps afin de répondre aux défis futurs ».
 
P.B. : Comment amener les personnes à adopter ces nouvelles technologies, ce nouveau quotidien ?
J.C. : L’inertie des usages par les personnes est forte et il faut du temps, parfois même tout une génération, pour amener une réelle transition dans notre quotidien. Un exemple simple est de se souvenir nos usages quand nous étions enfants et les usages de nos enfants : tout est globalement différents. Un exemple fort est le Smartphone. Afin de mieux comprendre comment les transitions sont réalisées il faut comprendre ce qui pourrait déclencher l’utilisation d’un produit ou d’un service par un usager. Pour cela il existe plusieurs outils tel que : l’incitation (l’utilisation de nudges, le jeu ou la réalisation d’économie) ; la pédagogie (expliquer aux usagers l’intérêt d’utiliser) ; cibler (intéresser le plus grand nombre) ; l’exemple (faire tester ou découvrir). Une fois un service ou un usage initié et pour ainsi garantir une pleine acceptation, il impératif d’accompagner à l’utilisation, rappeler les bonnes pratiques, montrer aux usagers les gains constatés. De nouveaux métiers voient donc le jour depuis quelques années afin justement d’accompagner ces transitions (Energy Manager en est un bon exemple).
 
(*)  En recherche, le département Building and Urban Environment s’intéresse pour deux de ses équipes à la décarbonation des villes et des bâtiments, que ce soit à travers les systèmes et/ou matériaux tout en intégrant les usagers (comportement, besoins et confort).
 
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