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28 371 défaillances d’entreprises en France en 2021

Par la rédaction. Publié le 18 janvier 2022.
28 371 défaillances d’entreprises en France en 2021
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Le groupe Altares publie les chiffres des défaillances d’entreprises en France pour le 4e trimestre et l’ensemble de l’année 2021. Le secteur de la construction pèse sur les résultats.

En baisse de près de 12 % par rapport à 2020 et de 45 % par rapport à 2019, le nombre de défaillances d’entreprises est au plus bas depuis 35 ans. Des chiffres qui témoignent de l’efficacité des aides de l’État tout au long de cette année 2021 marquée par une reprise économique soutenue. Mais le débranchement progressif des aides, les difficultés d’approvisionnement en matières premières et l’envolée des prix fragilisent les trésoreries des entreprises. Ainsi, on observe au 4e trimestre 2021 une remontée notable du nombre de défaillances tirée par la fragilisation des entreprises du bâtiment.
 


 Le nombre de défaillances d’entreprises recule de -12 %

Avec 28 371 procédures enregistrées, le niveau global des défaillances a reculé de 11,8 % en 2021 pour atteindre son plus bas niveau depuis 1986. Les dispositifs d’aide mis en place à partir du printemps 2020 (Fonds de solidarité, Prêt Garanti par l’État, exonération ou report de cotisations et activité partielle) ont été prolongés en 2021 protégeant de nombreuses entreprises de la faillite.    

 La fin de l’année amorce, toutefois, un retour à la normale. Le dernier trimestre est en effet tout juste à l’équilibre avec 8 256 procédures ouvertes, soit 0,6 % de plus par rapport au même trimestre 2020. On enregistre notamment un rebond de 9 % des défaillances sur le mois de décembre. Malgré cette dégradation significative, le niveau de défaillances reste toujours inférieur de 36 % par rapport à décembre 2019.

Les liquidations judiciaires repartent à la hausse au 4e trimestre

 Avec 729 jugements enregistrés en 2021, le nombre de procédures de sauvegarde baisse de 12,5 %. Le recul est même de 28 % sur le 4e trimestre. Ce dispositif, qui s’adresse aux entreprises en difficultés qui ne sont pas encore en cessation de paiement, représente seulement 2,6 % de l’ensemble des procédures. Pour rappel, en 2020, toutes les entreprises, en cessation de paiement ou pas, pouvaient y recourir exceptionnellement jusqu’au 23 août. Or, seules 2,6 % l’avaient utilisé.

Les procédures de redressement judiciaire (RJ) reculent plus vite encore. À peine plus de 6 500 jugements ont été prononcés, soit 19 % de moins sur un an. Désormais, moins d’un jugement sur quatre (23 %) est une ouverture de RJ, un taux très en-dessous des 30 % habituellement observés. Sur le dernier trimestre, le nombre de RJ recule encore de 2,1%. Parmi ces procédures, Altares distingue seulement 15 traitements de sortie de crise (PTSC). Cette nouvelle procédure, qui s’apparente à un redressement judiciaire express1, vise à faciliter le rebond des entreprises de moins de vingt salariés en cessation de paiements mais disposant des fonds nécessaires pour payer les créances salariales.

Quant au taux de liquidation judiciaire (LJ), en baisse de 9,4 % (21 138 liquidations) sur l’ensemble de l’année 2021, il repart à la hausse sur les trois derniers mois (+2,8 %). Les trois quarts (75 %) des jugements prononcés concernent désormais des liquidations contre deux sur trois (66 %) habituellement.

Le nombre d’emplois menacés passe sous le seuil des 100 000

Les défaillances sont en recul dans les entreprises quelle que soit leur taille. On observe tout de même que, si les PME de 20 à 49 salariés enregistrent une forte baisse des sauvegardes et des redressements judiciaires en 2021, elles font face à une augmentation de 6 % des liquidations judiciaires. Quant aux PME d’au moins 50 salariés, 187 ont fait défaut en 2021 contre 289 en 2020 et 350 en 2019.

Dans ces conditions favorables, et en dépit des sauvegardes de Flunch ou Appart’city (qui ont pu présenter un plan de sortie de procédure) et de la cessation d’Office Dépôt, le nombre d’emplois menacés par les défaillances d’entreprises est tombé, en 2021, sous le seuil des 100 000 pour atteindre 95 000 contre 133 000 en 2020 et près de 174 000 en 2019.

Sur le dernier trimestre 2021, le nombre de défaillances d’entreprises d’au moins 50 salariés recule encore (46 contre 56 en 2020). Toutefois, près d’une dizaine d’entre-elles comptaient plus de 200 salariés, menaçant ainsi 25 000 emplois. Un niveau similaire à celui de 2020.

Le bâtiment freine la baisse des défaillances

Le secteur de la construction, qui concentre le quart des procédures, pèse sur la tendance globale. Avec 7 509 défaillances, le secteur passe à l’orange (+0,4%) tiré par l’augmentation (+4,2 %) du nombre de liquidations judiciaires directes. Seul le second œuvre affiche encore un recul des défauts (-5,5 %). Le gros œuvre, quant à lui, repasse légèrement dans le rouge (+1,1 %).

La maçonnerie générale tient (-1,4 %) mais la construction de maisons individuelles voit le nombre de défaillances bondir de 10 %. Les travaux publics accusent une hausse de 9,1 % des défauts, portée par les travaux de terrassement courants (+17 %). C’est dans le secteur de l’immobilier que l’on enregistre les plus fortes hausses des ouvertures de procédures : +9 % pour les agences immobilières et +56 % pour la promotion immobilière. La dégradation s’accélère sur le dernier trimestre dans la construction (+8,4 %) et plus précisément le bâtiment (+12,9 %).

La plupart des régions basculent dans le rouge

Quatre régions se démarquent par une baisse des défaillances d’entreprises sur l’ensemble de l’année, y compris sur le 4e trimestre. Il s’agit de l’Occitanie (- 15,9 % en 2021 et -6,0 % sur le T4), le Grand Est (- 14,5 % ; -6,1%), l’Île-de-France (-9,1 % ; -9,2 %) et la Provence-Alpes-Côte d‘Azur (-6,9 % ; - 5,0 %).

Dans six autres régions, le recul des défaillances, sensible sur l’ensemble de l’année, fait place à une tendance, certes moins favorable au 4e trimestre, mais contenue en dessous des 10 %. C’est le cas de la Bretagne (-21,8 % en 2021 et +1,0 % sur le T4), la Nouvelle Aquitaine (- 11,6 % ; +1,4 %), la Corse (-31,1 % ; +2,2 %), la Normandie (-26,9 % ; +3,2 %), l’Auvergne-Rhône-Alpes (-12,4 % ; +4,1 %) et la Bourgogne-Franche-Comté (-17,3 % ; +7,7 %).

En revanche, dans les trois dernières régions que sont les Pays-de-la-Loire, les Hauts-de-France et le Centre-Val de Loire, les défaillances ont connu un rebond supérieur ou égal à 10 % au cours du 4e trimestre.
 
Ainsi, si les Pays-de-la-Loire affichent une amélioration rapide sur l’ensemble de l’année, la dégradation l’est tout autant sur le T4 (-10,9 % en 2021 et +10 % sur le T4). Les Hauts-de-France enregistrent également une belle résistance sur l’année (-16,2 %) mais un fort retournement sur T4 (+22,9 %). Enfin, le Centre Val de Loire observe un recul plus faible des défaillances sur 2021 (-3,2 %) et une forte augmentation des défauts en fin d’année (+21,8 %).

Une remontée des défauts à anticiper en 2022

La fin de l’année 2021, marquée par l’arrivée brutale d’une nouvelle vague épidémique, a conduit à l’adoption de nouvelles restrictions en ce début d’année 2022. Une situation qui ravive un fort sentiment d’incertitude chez les entrepreneurs. Le Gouvernement a réagi rapidement et réactivé, ou renforcé, certains dispositifs mis en place dans les premiers mois de la crise sanitaire tels que l’élargissement des aides coûts fixes, la prolongation du fonds de solidarité, l’étalement du remboursement des PGE jusqu’à 10 ans (contre 6), le report à fin 2022 du remboursement prévu au printemps prochain ou bien encore l’activité partielle.

Ce nouvel effort d’accompagnement devrait permettre de passer le cap de la vague Omicron et, par conséquent, limiter les dépôts de bilan dans les prochains mois. Mais le risque n’a pas pour autant disparu. Il est provisoirement neutralisé. Par ailleurs, la dynamique de créations d’entreprises est en ce moment très forte, proche d’un million. Dans ce contexte, le risque de défaillances de très petites entreprises reste élevé.

La fin du “quoi qu’il en coûte”, annoncée en août 2021, pourrait être véritablement actée cette année si le contexte sanitaire le permet. En parallèle, la vigueur de l’inflation pourrait amputer sévèrement le pouvoir d’achat et peser sur la consommation des ménages. Aussi, si rien à ce stade ne permet de redouter une explosion du nombre de procédures collectives, nous devons raisonnablement envisager une remontée des défauts à partir de 2022.
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