[Grand format] Cipat : le 3e volet d’une saga 100 % électrique | Grand format
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Cipat :
le 3e volet d’une saga 100 % électrique

Nouvelle constellation dans la galaxie des engins légers enraillables, le Cipat développée par le constructeur nantais Cipal se positionne sur le créneau concurrentiel de la maintenance voie et caténaire. Si le premier exemplaire est dédié à des applications ferroviaires sur la Tangentielle Légère Nord, sa conception modulaire lui permet de répondre aux demandes les plus variées.
Après le Rapace Dac pour le remplacement des cœurs et demi-aiguillages, le Rapace Tunnel pour le transport d’hommes et de matériels en environnement contraint, l’entreprise Cipal a développé un nouveau concept d’engin 100 % électrique et de construction 100 % française pour le compte de SNCF Réseau Île-de-France. Ce nouveau-né qui répond au nom de « Cipat » se présente sous la forme d’un ensemble composé d’une base motrice en énergie tout électrique sur laquelle viennent s’accrocher différents modules.
Un premier exemplaire dédié à la TLN

Née d’une demande formulée par SNCF Réseau Île-de-France qui exploite via sa filiale Transkeo la tangentielle Légère Nord (TLN), la tête de série du Cipat répond à un cahier des charges inédit dans la mesure où elle doit être capable de travailler sur un gabarit de voies hors norme et supporter des pentes atteignant 65 ‰ ! La ligne de tram-train du TLN établie entre Sartrouville et Noisy-le-Sec se distingue en effet des lignes classiques par deux voies dédiées de largeur réduite qui accueille des trains Dualis de 2,65 m de large au lieu de 2,90 m.

Un engin 100 % électrique

Equipée d’un pack de batteries lithium-ion délivrant une puissance de 200 kW et régénérant du 400 V triphasé, la base motrice offre une autonomie de 16 h sur chantier pour une recharge réalisée en moins de 6 h depuis une prise de courant standard 32A/220V. Dimensionné pour répondre aux contraintes sévères du cahier des charges, le bloc énergie électrique épaulé par un système de secours est piloté par un logiciel qui supervise et optimise en temps réel de nombreux paramètres tels que la tension, la charge et décharge, la puissance disponible, le niveau d’énergie réservée… Une fonctionnalité particulièrement utile pendant la phase de déverminage durant laquelle les responsables de projet vérifient que le comportement de l’engin est conforme aux attentes.
La grue radiocommandée du module « maintenance » a une capacité de 4 t avec déport max. de 12,6 m et une hauteur max. de 6 m.
Un engin passe-partout

Économe en temps et en énergie, l’engin l’est également en sillons. Capable de se déplacer sur chenilles hors voie ou sur lorrys jusqu’à 20 km heure une fois enraillé, le Cipat circule en voie sans consignation de la caténaire et sans nécessiter la coupure de la voie contigüe.
Pour le transport sur site, la productivité est là encore au rendez-vous avec un engin de 32 t livré sur camion deuxième catégorie sans escorte, ce dernier étant néanmoins muni d’une remorque surbaissée.
Côté confort de conduite, le module dispose d’une zone de transport escamotable avec deux postes conducteurs. Posée sur des rails de guide, elle se déplace de manière à ce que l’une des cabines soit toujours au droit du lorry afin que le chauffeur ait une visibilité directe quel que soit le sens de circulation.

Enfin, la sécurité n’est pas en reste avec deux types de freinage : le premier en régénération (conversion de l’énergie cinétique par inversion du sens du couple en énergie électrique pour ralentir ou arrêter le véhicule) et le deuxième utilisant des freins à disque.
Poste de conduite au droit du lorry pour une visibilité directe sur la voie
Le module « maintenance » dispose d’une zone de transport escamotable posée sur des rails de guide
Une stabilité exceptionnelle
Lors des phases de mise en/hors voie avec une plateforme chargée, tout comme durant les périodes de travail, le Cipat conserve une adhérence optimale au sol grâce à une gestion intelligente de la stabilité. Autre astuce, lors des transferts de masse provoqués par la charge de la grue ou le travail sur nacelles, des capteurs installés au niveau des quatre roues ferroviaires vont commander en rétroaction le déplacement biaxial d’un contrepoids qui va asservir la position du barycentre de la machine à sa valeur de consigne. Résultat : une stabilité à toute épreuve sans appuis au sol.
« Lors de la montée sur la voie, les chenilles pilotées de façon indépendante permettent de conserver l’horizontalité de la plateforme » explique Eric de Faucal, président directeur général de Cipal
Un désaccouplement du module simple et efficace
(1) le positionnement des appuis au sol
(2) le décrochage mécanique du couple et l’abaissement de l’unité motrice
(3) le retrait de l’unité motrice
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CB - 14/11/2018
Textes, photos et vidéos : tous crédits Groupe Cayola