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Le projet de consigne fait débat

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Le projet de consigne fait débat
Par V. Velez, le 24 septembre 2019
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Le projet de consigne des bouteilles plastiques et cannettes, une bonne idée ! Ne dites surtout pas cela à Jean-Luc Petithuguenin pour qui le projet est une véritable hérésie. Présentée dans le cadre du projet de loi Économie circulaire comme un projet d’intérêt général, pour le dirigeant du groupe de recyclage français Paprec, non seulement la consigne devrait coûter aux Français, mais c’est aussi tout le système de collecte et de recyclage mis en place depuis de nombreuses années qu’elle remettrait en question.

Depuis quelque temps, lorsque l’on parle de consigne, les esprits s’échauffent, et particulièrement, celui de Jean-Luc Petithuguenin, patron du 3e groupe français de recyclage français. Lors de la présentation à la presse du nouveau site Paprec de Lyon, conçu pour trier les déchets selon les nouvelles directives d’extension de consignes de tri, le message qu’il a souhaité faire passer ce jour-là est clair. Partant du principe que les bouteilles en plastique qui polluent nos mers ne viennent pas des Français, ni d’Europe d’ailleurs, mais bel et bien des pays en voie de développement, pourquoi alors vouloir changer un système qui aujourd’hui en France arrive à collecter 98 % des bouteilles, dont 57 % seront recyclées ?

« La consigne va couter 500 millions aux Français »
Le principe du projet, porté par les producteurs d’eau minérale et de sodas, est simple. Le consommateur achètera sa bouteille d’eau minérale environ 20 centimes plus chers, somme jugée incitative pour qu’il la retourne et soit remboursé. « Environ 15 Md€ d’emballages sont mis sur le marché chaque année. Avec une consigne de 20 centimes, c’est 3,2 Md€ qui sont décaissés puis récupérés par les consommateurs. Enfin, pas tout à fait. « Car ce que l’on oublie de dire, dénonce Jean-Luc Petithuguenin, c’est que finalement, le montant que devrait représenter le non-retour de cette consigne est estimé à 500 millions d’euros par an. Une somme prise aux Français, alors qu’aujourd’hui, cette collecte ne leur coûte rien. » Pour le dirigeant, monétiser un acte qui aujourd’hui fonctionne de manière gratuite, basé sur la responsabilisation du consommateur, ne doit pas être remis en question.
Et les autres points négatifs du projet soulevés par le chef d’entreprise sont nombreux lorsqu’il évoque le fonctionnement de la consigne. Car les futures machines à déconsigner seront à priori situées sur les parkings des grandes surfaces. Et là, les coupables sont désignés : « La consigne, c’est un complot Leclerc-Coca, qui va continuer à massacrer le commerce de proximité. » Le lobby est puissant, il le sait, mais les collectivités et les autres industriels ont eux aussi dénoncé les effets négatifs de la consigne.

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Qui touchera l’argent du non-retour de consigne ?
Et c’est là où la bagarre commence. « Coca dit : « Je paye l’installation, donc c’est pour moi ». Mais nous, nous estimons que cette somme doit aller aux collectivités, car elles ont beaucoup à perdre avec la consigne, et surtout pas à des entreprises privées », poursuit Jean-Luc Petithuguenin. Car dans cette nouvelle donne, les collectivités perdront une partie de leurs recettes, taxe d’ordures ménagères et subventions d’éco emballage ainsi que redevances liées à la valeur des matières. « On va prendre à la collectivité le flux qui a le plus de valeur, celui du PET clair, et lui laisser ce qui ne vaut pas grand-chose. Comment vont-elles pouvoir alors financer durablement ce modèle ? Après 25 ans d’un système qui s’est mis en place, ce projet va déstabiliser la filière, et il a déjà commencé, puisque des villes comme Angers, ou Clermont-Ferrand, qui devaient passer en extension de consignes de tri, reviennent sur leur décision. »

Le PET clair est devenu une source de revenus
« 15 milliards de bouteilles en PET clair, soit 400 000 t, la partie la plus facile à traiter et qui rapporte le plus. Les autres plastiques, emballages, barquettes…, représentent 800 000 t. L’un est valorisé à  57, 58 %, le reste c’est 4% de ces 800 000 t qui sont recyclés. Personne n’en parle de ces 800 000 t, alors que c’est là qu’il faudrait avancer », explique à son tour Stéphane Leterrier, directeur des activités tri chez Parec.
Quant au bilan carbone de la consigne, il n’a pas encore été mesuré. Entre le stockage des bouteilles chez les consommateurs, puis leur acheminement vers la grande surface, en voiture, puis récupérées dans des machines de déconsignations et pour finir, seront acheminées vers des centres de tri, c’est tout un flux qui va se mettre en place. « Mais ces centres n’existent pas aujourd’hui, puisque le flux, extrêmement propre, nécessitera un process précis et rigoureux ».
Pour Paprec, si la consigne est mise en place, les pertes sont évaluées à 12 % du tonnage de bouteilles en moins sur le flux total dans les centres de tri de collecte sélective, sachant que l’industriel est la plupart du temps, payé à la tonne.

Une fausse bonne idée
Le projet de loi, lancé sans aucune concertation, est examiné aujourd’hui au Sénat dans sa globalité. Face aux arguments de toute la filière, industriels, du recyclage, collectivités, des ONG, et certains minéraliers, le modèle de consigne trouvera-t-il sa place ? « Au début, les élus pensaient que c’était une très bonne idée. Aujourd’hui, après nous avoir écoutés, ils s’interrogent, lance encore Jean-Luc Petithuguenin. Par contre, si la secrétaire d’État à la Transition écologique Brune Poirson, veut faire de la consigne, c’est sur le hors foyer qu’elle devrait se pencher, qui représente entre 15 et 20 % de la consommation de bouteilles et canettes notamment dans les gares, les aéroports… là tout est mélangé et mal recyclé. C’est peut-être là qu’il faudrait réfléchir à de nouvelles solutions, trouver de nouveaux programmes. »
Le chef d’entreprise l’a souligné, investir ne lui fait pas peur : « Sans investir, on n’aurait pas fait progresser la collecte sélective. En 2018, Paprec a investi au global, 1,3 Md€ dans ses usines. On ne peut pas dire à un industriel aujourd’hui que ça ne va plus, et changer un modèle qui fonctionne. En 2000, la première usine de tri garantissait que 60 % des déchets étaient recyclés. Aujourd’hui, on vous garantit 98 %. Les progrès que nous avons faits sont énormes ».

Stéphane Leterrier, directeur des activités tri, et Jean-Luc Petithuguenin, PDG de Paprec Group.
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