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Paprec: un milliard d’obligations

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Paprec: un milliard d’obligations
Par H. Y., le 28 mai 2018
Paprec, troisième acteur français du traitement des déchets, vient de lever 1 milliard d’euros pour soutenir ses projets et assurer la poursuite de sa croissance. Un développement essentiellement réalisé en France, même si des projets émergent en Inde. Explications.
 
« J’ai atteint le premier milliard, l’objectif pour mes fils sera de tripler ce résultat ! » Pas de doute pour Jean-Luc Petithuguenin, président-fondateur du groupe Paprec, la pérennité de l’entreprise familiale est assurée. Il vient en tout cas de se donner les moyens pour financer et accompagner les projets de l’entreprise sur les trois prochaines années. Pour ce faire, Paprec vient de réaliser sa plus grosse levée de fonds : 1 milliard d’euros, répartis entre 800 millions en "green bonds" (obligations vertes) et 200 millions en prêts bancaires. La levée de fonds a été réalisée au taux de 4%, pour la part fixe, et au taux interbancaire européen de 3,5%, pour la part variable. « Ces taux sont plus élevés que les 2% auxquels Paprec accède actuellement par le biais de prêts bancaires, mais les "green bonds" ont permis de toucher un grand nombre d’investisseurs et de lever une somme plus importante », explique Jean-Luc Petithuguenin qui en est à sa troisième levée de fonds par obligations vertes depuis 2014. « Notre dette a été notée B1 et B+ par Standard & Poor’s et qualifiée de "green" par Vigeo », se satisfait le Pdg.
Et les investisseurs répondent présents, certainement convaincus par une croissance qui atteint 26% de moyenne annuelle depuis la création de Paprec, en 1995. Une croissance qui doit 48% aux acquisitions externes (63 depuis 1995, dont dernièrement Coved et les nordistes Ikos Environnement et Deroo) mais qui a longtemps été aux deux-tiers organique. A ce rythme, le groupe a enregistré en 2017 un chiffre d’affaires de 1,48 milliard d’euros, avec près de 190 millions d’euros de bénéfice. Pour 2018, Jean-Luc Petithuguenin espère atteindre un chiffre d’affaires d’1,7 milliard d’euros et plus de 200 millions de bénéfices.
 
Approche pragmatique
 
Reste à savoir quelle stratégie le troisième acteur du traitement des déchets en France souhaite suivre. « Je ne peux pas encore dire avec précision quelle sera l’utilisation des fonds que nous venons de lever », explique Jean-Luc Petithuguenin. « Cela dépendra des opportunités. » Une approche pragmatique revendiquée et assumée. « Depuis plusieurs années j’anticipe que notre croissance va ralentir en France au bénéfice de mes deux concurrents principaux, mais ce n’est pas le cas ; je continue donc d’investir », raconte-t-il. De fait, avec 22 centres de tri de collectes sélectives dans l’Hexagone, Paprec revendique 16% du marché français sur les poubelles jaunes.
Et si il vend ses matières premières issues du recyclage dans 65 pays, il est tout de même vrai que Jean-Luc Petithuguenin s’est montré jusqu’ici frileux à sortir de France lorsqu’il s’agit d’investir ; hormis en Suisse (berceau familial), où le groupe a acquis six sociétés. Après ses mésaventures africaines (Apostrophe Cameroun et Apostrophe Sénégal), le patron de Paprec regardait avec méfiance les opportunités d’investissement à l’international, comme le démontre un arbitrage négatif récent au Canada.
 
Premiers pas en Inde
 
C’est donc par l’intermédiaire d’Ikos Environnement, filiale du groupe Lhotellier acquise en début d’année (lire Mat Env. 83, p.4) que Paprec sort de son pré-carré. « L’implantation d’Ikos Environnement en Inde est l’une des raisons de son rachat », avoue Jean-Luc Petithuguenin. Présent depuis 2014 sur le sous-continent via une prise de participation dans la société indienne Mailhem, spécialisée dans la micro-méthanisation (300 méthaniseurs installés), Ikos gère aussi une dizaine de contrats de gestion des déchets municipaux. Mieux encore, Ikos a récemment construit à Nashik (2,2 millions d’habitants, 180 km au nord de Mumbai), l’une des villes du programme indien de "Smart Cities", une décharge aux normes internationales. « Auparavant, les déchets étaient stockés dans une décharge sauvage où ils étaient brûlés et où les jus de lixiviats percolaient dans les nappes phréatiques environnantes », explique Jean-Luc Petithuguenin. « Nous allons transférer les déchets vers la nouvelle décharge et installer une couverture étanche sur l’ancien site pour stopper la pollution de l’eau et des terres ».
Nashik (où Ikos et Mailhem ont décroché le prix "Garbage guru") sera donc la vitrine du savoir-faire du français en matière de traitement des déchets, et Paprec espère en faire une tête de pont pour décrocher d’autres marchés dans les 65 "Smart Cities" lancées par le gouvernement indien. Pour cela, le groupe prépare un investissement de 7 millions d’euros sur deux ans, comprenant une unité de méthanisation et une unité "plastic to fuel" de transformation de déchets plastiques en gazole. « Ces process ne sont certes pas aux normes européennes, notamment en termes de soufre contenu, mais ils représentent une solution bien plus acceptable que l’incinération à ciel ouvert telle qu’elle se faisait jusqu’ici », argumente le Pdg de Paprec. Et d’autres investissements pourraient suivre : recyclage de plastique en matières, en carburant et en énergie, compost normé, gestion de déchets toxiques… Autant de projets dont Paprec souhaite sécuriser la solvabilité dans un pays dont il ne maîtrise pas encore bien le cadre. « Nous pourrions investir 100 à 150 millions d’euros en Inde si la Banque mondiale et l’AFD nous financent. Nous avons besoin de ces garanties et pour cela je dois prendre le temps de comprendre comment réussir à les mobiliser », conclut Jean-Luc Petithuguenin.
En attendant que l’international prenne le relais, c’est donc toujours la France qui tire la croissance de Paprec. Le défi des trois milliards reste donc à relever pour Sébastien (directeur général, division plastiques et déchets électroniques), Thibaut (directeur de la communication) et Mathieu (directeur délégué, achats et grands comptes) Petithuguenin.

ENCADRE
Info +
En 15 ans d’existence, le troisième acteur français du traitement des déchets se targue notamment d’avoir convaincu plus de 40 000 clients industriels et quelque 1 200 collectivités, avec un taux de renouvellement des contrats de 97%. Ses effectifs sont passés de 45 à 8 500 salariés.
 
Crédit : H. Y.
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Article issu de Mat Environnement n° 85.
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